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Non, Eric W. n’a pas menti

Non, pas du tout, il est tout simplement affecté d’une mémorable lenteur synaptique et d’une considérable diminution des facultés d’adaptation sociale (qui pourrait vraiment sourire comme ça sans passer pour un serial killer?).

Vous ne souhaitez pas « inacceptablement dénigrer » un pauvre homme affecté d’un handicap lourd tout de même? Il n’a pas menti lorsqu’il a affirmé ne pas connaitre PdM, avant d’admettre que peut être son nom ne lui était pas si étranger que cela. Il a juste mis du temps à faire la connexion. Après cela, pour dire s’il est honnête – mais terriblement lent à se souvenir le pauvre bougre – les médias tenant lieu de pense bête pour notre étourdi maladif, il s’est même rappelé l’avoir rencontré, trois fois,. Quelle tête en l’air honnête que ce monsieur W.

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Show me your pognon!

Alors que la France tombe lentement mais surement dans une torpeur post Woerthgate de nature à faire oublier les tourments de l’argent politique facile et bien caché, de l’autre côté de l’atlantique, les choses sont faites en pleine lumière. Avec un tel traitement,  notre classe politique prendrait probablement des gros coups de soleil, mais la vie politique n’en serait que plus propre.

Car après tout, en matière politique, on tient la lumière du jour pour le meilleur des désinfectants.

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Jean-Pierre Elkabbach, journalistus serpilliae

Dans l’article de wikipédia qui présente Jean-Pierre Elkabbach j’ai découvert une erreur énorme passée jusqu’ici inaperçue : il est en effet mentionné que JPE serait journaliste !

Pour tout dire c’est l’interview ce matin sur Europe 1 – où il sévit officie – de Jérome Cahuzac, le nouveau président de la commission des finances de l’assemblée qui m’a mis la puce à l’oreille.

Car après une prestation d’animateur de supermarché, heureusement compensée par l’intelligence de son interlocuteur, voilà qu’arrive l’une des dernières questions:

« Entre Eric Woerth, ministre et trésorier de l’UMP et Claire Thibout, ex comptable des Bettencourt, au courant de l’existence d’une île non déclarée au fisc et licenciée contre 400.000 euros d’indemnités, qui faut-il croire? »

Vous apprécierez tout naturellement l’impartialité de la question. Vous savez l’impartialité, cette qualité qui fait l’essence même du journalisme, cette valeur qui différencie le bon journaliste de la serpillière.

Valet du pouvoir et bouffon médiatique JPE confirme s’il en était encore besoin qu’il est à Albert Londres ce que le Mc Bacon est à la cuisine.

On en rirait presque s’il ne tenait pas chaque matin l’antenne de l’une des plus grosses radios de France.

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Tragicomédie au royaume des puissants

On pourrait en rire si d’aventure cela n’en apparaissait pas aux yeux des français comme l’un des avatars supplémentaires d’une république en déconfiture. Au centre de la tragédie, Liliane Bettencourt, femme la plus riche de France à la clairvoyance diminuée, manipulée par des « protecteurs » dont les intérêts prévalent à l’évidence sur ceux de l’héritière L’Oréal.

A ses côtés deux requins de la plus belle espèce. L’un est artiste-photographe, l’autre un artiste de la dissimulation de patrimoine aux yeux de l’argus fiscal. Des enregistrements aussi frauduleux qu’instructifs, révélés au compte-goutte par les médias déjà attirés par le goût du sang (comme le requin en carton pate de Jaws par les bikinis de naïades prépubères mais à la voix déjà stridente) trempent jusqu’au cou un ministre de la République.

Une trempette en couple puisque sa femme officie au sein de la société Clymène, société gestionnaire de la fortune Bettencourt, présidée de main De Maistre, Patrice de son prénom, fait officier de la légion d’honneur par ledit époux, ministre du budget de l’époque.

Ce ministre a t-il oublié de regarder du côté de chez les Bettencourt, ratant par là même les énormes (peu considérables toutefois au regard des la fortune de la dame) détournements de fonds vers les paradis des vertes prairies suisses ou de la pampa uruguayenne? Sa femme était-elle au courant? Est-il allé au delà du simple entregent pour favoriser l’installation d’un auditorium? Patrice de Maistre a t-il vraiment rendus des services civils à la nation qui méritent d’être décorés de la légion d’honneur (question de pure forme puisqu’il s’avère à postériori que le fait de favoriser l’évasion fiscale ne saurait être valablement retenu au rang des services susceptibles d’un tel honneur) ?

Qu’importe la réponse qui sera apportée à toutes ces questions, si d’aventure elles sont apportées. Les commentateurs auront beau jeu de citer la tirade sur la calomnie de Beaumarchais dans le Barbier de Séville

La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! … D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

Qu’il s’agisse de calomnie ou de faits dont la justice devrait alors avoir à connaître, le mal est fait. Ces affaires alimentent un sentiment de soupçon des citoyens pour des élus, de tous bords, faisant jouer leurs réseaux pour obtenir des avantages ou pour favoriser la fraude fiscale (beau lapsus au passage) des riches donateurs de leurs partis respectifs. Tout cela quand les annonces de ciel gris sur les finances publiques et celles des ménages ne cessent de faire présager un grain mémorable, rinçant l’épargne et faisant ruisseler les dernières protections sociales.

C’est avec un certain sens de l’ironie que l’on notera la parenté de la belle Clymène. Selon certaines sources elle serait la femme de Prométhée, celui qui usurpa le feu aux dieux pour le donner aux Hommes. Son châtiment fut de se faire ronger le foie par un aigle, chaque aube reconstituant l’organe, avec les conséquences que cela appelle en terme de nourriture du céleste animal.

Il ne sera pas dit qu’Eric Woerth se fera ronger le foie, mais sa douce aurait mieux fait de l’avertir que le feu ça brûle et que les ailes de cire, fussent-elles celles d’un ministre à la réputation d’honnêteté jamais prise en défaut jusqu’ici, fondent à son contact.

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